Léger : les Américains ont confiance en la bonne foi du Canada
Un nouveau sondage Léger/338Canada/Maintenant Media suggère que les électeurs américains perçoivent toujours le Canada comme un partenaire de confiance.
Un nouveau sondage Léger/338Canada/Maintenant Media mené auprès d’électeurs américains suggère que nos voisins du sud continuent de percevoir le Canada de manière largement favorable — mais que de légers glissements dans les chiffres pourraient annoncer quelques signaux d’alerte à l’horizon.
Les Canadiens partent souvent du principe qu’ils sont soit appréciés, soit largement par leurs voisins au sud de la frontière. Ce nouveau sondage réalisé par Léger suggère que ces deux intuitions sont globalement justes, même dans un contexte de tensions commerciales persistantes entre les deux pays.
Dans une enquête menée auprès de 1 004 électeurs américains du 17 au 20 avril 2026, le Canada continue de bénéficier d’une image globalement positive aux États-Unis. Mais un examen plus attentif des données révèle une réalité plus nuancée : la bienveillance persiste, mais s’est légèrement érodée.
Interrogés sur la manière dont ils décriraient le Canada dans le contexte des relations économiques et commerciales, une majorité d’Américains continuent de présenter le pays sous un jour favorable. Mais ce constat masque un changement modeste, mais réel.
Par rapport à un sondage Léger similaire mené en octobre 2025, la part d’Américains qui décrivent le Canada comme un « allié proche » ou un « partenaire amical » a reculé de sept points. Au cours de la même période, la proportion de ceux qui considèrent le Canada comme un « voisin hostile » ou même un « adversaire » est passée de 13 % à 18 %.
Il ne s’agit pas ic de revirements spectaculaires. Mais ces mouvements suggèrent une légère érosion de la bonne volonté — non pas une rupture, mais une tendance à surveiller, alors que les négociations sur le CUSMA continuent d’avancer à pas de tortue.
Ce qui n’a pas changé est tout aussi révélateur. Pas moins de 30 % des Américains décrivent le Canada comme un « voisin neutre ayant un impact limité sur les affaires américaines », une proportion inchangée depuis l’automne dernier. Autrement dit, le Canada occupe une place bien particulière dans l’opinion publique américaine : généralement apprécié, rarement perçu comme une menace — mais pas nécessairement considéré comme un acteur de premier plan.
Si les perceptions du Canada se sont légèrement nuancées, la confiance envers le pays raconte une autre histoire.
Lorsqu’on leur demande si le Canada négocie de bonne foi dans le contexte des tensions commerciales récentes, 57 % des Américains disent lui faire confiance pour parvenir à un résultat équitable, contre 22 % qui expriment de la méfiance. Là encore, l’évolution depuis l’automne dernier est minime. Surtout, ces niveaux de confiance relativement élevés s’observent dans l’ensemble de l’électorat.
Même chez les électeurs républicains, une courte majorité (53 %) dit faire confiance au Canada, contre 33 % qui ne lui font pas confiance — soit un solde positif de 20 points. Chez les électeurs démocrates, les niveaux de confiance sont encore plus élevés : 71 % contre 12 %.
Des écarts partisans existent donc — mais ils demeurent modestes au regard des niveaux de polarisation qui caractérisent habituellement la politique américaine.
Le contraste avec les perceptions de la bonne foi du gouvernement américain est, lui, frappant. Seuls 42 % des Américains affirment faire confiance à leur propre administration pour négocier de bonne foi, contre 44 % qui disent ne pas lui faire confiance.
Ici, le clivage ne relève plus seulement de nuances, mais d’une polarisation structurelle profonde. Les électeurs républicains expriment massivement leur confiance, tandis que les électeurs démocrates affichent un niveau de méfiance tout aussi marqué. Les indépendants se situent entre les deux, mais penchent du côté négatif par une marge de dix points (47 % peu ou pas confiance, 37 % confiance).
Bref, si les Américains peuvent diverger dans leurs perceptions du Canada, ils sont beaucoup plus divisés — et de manière bien plus marquée — lorsqu’il s’agit de juger leurs propres négociateurs.
Une relation toujours solide, vue du sud de la frontière
Malgré les tensions commerciales actuelles, une majorité d’Américains continue de percevoir la relation entre les deux pays de manière positive. Plus de la moitié (54 %) qualifient les relations entre les États-Unis et le Canada d’« excellentes » ou de « bonnes », contre 29 % qui les jugent « mauvaises » ou « très mauvaises ».
Même en période de friction, l’image globale de la relation bilatérale demeure donc relativement stable aux yeux du public américain.
Fait intéressant, on n’observe ici que peu de signes de la polarisation partisane marquée dans les perceptions de l’administration américaine. Les électeurs républicains se montrent même légèrement plus enclins que les démocrates à juger positivement la relation — preuve que les perceptions du Canada ne se superposent pas parfaitement aux clivages politiques internes.
Cela dit, ces résultats laissent aussi entrevoir certaines limites. Avec près d’un tiers des Américains qui portent désormais un regard négatif sur la relation, la marge de détérioration n’est pas négligeable.
Pris dans leur ensemble, ces résultats dessinent un portrait ni alarmant, ni entièrement statique.
Le Canada demeure, aux yeux de la plupart des Américains, un pays digne de confiance et généralement amical. Mais il n’occupe pas une place constante dans leur réflexion politique. Une part importante du public américain continue de voir le Canada comme un acteur secondaire — ni adversaire, ni partenaire indispensable.
De légers glissements — quelques points de moins du côté des perceptions positives, quelques points de plus du côté des perceptions négatives — ne transforment pas la relation du jour au lendemain. Mais ils rappellent que ces perceptions ne sont pas à l’abri des tensions économiques et politiques.
Ce qui se dégage, au final, est une profonde asymétrie.
Pour la plupart des Américains, le Canada est un pays digne de confiance — mais auquel ils ne pensent pas particulièrement souvent. À l’inverse, les sondages menés auprès des Canadiens dressent un portrait bien différent : l’opinion à l’égard des États-Unis s’est nettement détériorée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et le ton plus conflictuel adopté par son administration envers le Canada.
Un récent sondage de Research Co., une société basée à Vancouver, a révélé que seuls 30 % des Canadiens ont une opinion favorable des États-Unis, contre 62 % qui en ont une opinion défavorable — des chiffres plus proches de la perception de pays comme l’Arabie saoudite ou la Russie que de celle d’alliés occidentaux traditionnels tels que la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni.
Pour le Canada, le fait d’être perçu comme un partenaire fiable et de bonne foi par son voisin du sud — même si celui-ci lui accorde une attention limitée — demeure un atout important.
Ce sondage Léger/338Canada/Maintenant Media a été mené auprès d’un échantillon représentatif de 1004 électeurs américains du 17 au 20 avril 2026. Vous trouverez le rapport du sondage ici.


