Mise à jour Qc125 : Une majorité avec le tiers des suffrages ?
Le mode de scrutin qui avait tant nui au Parti québécois en 2022 semble cette fois lui sourire à l'aube de l'élection de 2026.
⚜️Bon jeudi matin à tous et toutes,
Le plus récent sondage québécois de la maison Pallas Data, publié mercredi sur le site de L’actualité, n’a mesuré que de modestes variations dans les intentions de vote depuis la fin du printemps. Toutefois, aucun des indicateurs ne souriait aux formations politiques qui tentent, depuis l’automne 2023, de rattraper le PQ dans les sondages et projections.
Si le Parti québécois ne récolte que 31% des intentions de vote, selon Pallas, il est confortablement en tête dans les banlieues de Montréal, est compétitif dans la région de Québec et continue de devancer ses rivaux hors des grands centres. Parmi la majorité francophone, le PQ est seul en tête avec 34% — 15 points devant le PLQ et la CAQ.
Nous n’avons pas mis à jour les projections québécoises depuis la fin juin, et pour cause : les sondeurs ont pris une pause en juillet (et j’en suis bien content). Avec l’ajout de ce nouveau sondage Pallas, il est maintenant temps de mettre à jour la projection Qc125.
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Sans surprise, le Parti québécois conserve la tête de la projection de sièges avec une moyenne de 68 sièges — tout juste au-delà du nouveau seuil de 64 sièges pour une majorité à l’Assemblée nationale. Le PQ affiche actuellemtn un plancher de 49 sièges et un plafond de 76 sièges.
Toutefois, la courbe de probabilité du PQ demeure fortement asymétrique avec une « longue queue arrière » (voir graphique ci-dessous). Autrement dit, le parti est projeté en avance dans plusieurs circonscriptions pivots qui pourraient facilement changer de couleur si son appui reculait de seulement quelques points.
Le « chemin vers les 64 sièges » pour le Parti québécois contient quelques circonscriptions qui pourraient faire sourciller certains observateurs. Parmi les comtés dans la dernière ligne droite vers le seuil de majorité (voir figure ci-dessous) se trouvent Champlain en Mauricie, Chambly et Montarville en Montérégie, et Sherbrooke — actuellement la 64e circonscription pour le PQ. (Vous pouvez consulter ce tableau interactif ici.)
Le Parti libéral du Québec est projeté à 40 sièges en moyenne dans cette mise à jour, mais avec un intervalle de confiance beaucoup plus restreint que le PQ : un plancher de 35 sièges et un plafond de 48 sièges. La raison de cette fenêtre étroite pour le PLQ est simple : même si Pallas a mesuré un certain rebond pour le PLQ auprès des électeurs francophones, son électorat demeure hautement concentré dans ses bastions traditionnels : Montréal, Laval, l’Outaouais, l’Estrie et l’ouest de la Montérégie.
Le PLQ pourrait-il créer la surprise ailleurs ? C’est évidemment possible, mais nous n’avons pas (encore) de données hyperlocales qui pourraient nous éclairer là-dessus. Ça viendra.
Le Parti conservateur du Québec est projeté pour faire son entrée à l’Assemblée nationale « par la grande porte » cet automne (en gagnant des circonscription, et non par des transfuges) si les tendances actuelles se maintiennent. Avec 13-15% des suffrages au niveau national et autour de 26%-32% dans la région de Québec, le PCQ pourrait faire ses premiers gains dans les couronnes de Québec et dans Chaudière-Appalaches. La moyenne actuelle du PCQ est de 9 sièges, avec un intervalle de confiance qui s’étire jusqu’à 14 sièges.
Vient ensuite Québec solidaire avec une moyenne de six sièges et un intervalle de confiance qui s’étend de deux à huit sièges. Comme c’est le cas pour le PCQ, ce sont d’abord les chiffres locaux et régionaux qui nous aideront à déterminer si QS pourra limiter les dégâts lors de cette élection. Si ce constat semble négatif, c’est que QS peine à sonder au-dessus de 10% depuis un an, alors que la formation de gauche avait récolté 15% en 2022.
Il sera intéressant de constater quel genre de campagne mèneront les porte-parole de QS : miseront-ils une campagne nationale en voyageant un peu partout au Québec ou se concentreront-ils sur une dizaine de circonscriptions accessibles? À voir.
Finalement, la CAQ. Celle-là me donne de sérieux maux de tête.
Selon cette mise à jour, la formation de Christine Fréchette est projetée à seulement quatre sièges, mais avec un intervalle de confiance hors du commun : un plancher de zéro siège (!) et un plafond de… 18 sièges ! Ce n’est pas un « bogue », mais bien une propriété des conditions électorales actuelles : les projections du PQ et de la CAQ sont intimement reliées. Lorsque l’une descend, l’autre montre.
Voici la courbe de probabilité de sièges pour la CAQ… une demi-cloche avec une longue queue avant. Traduction : la CAQ est projetée compétitive, mais pas en tête, dans de nombreuses circonscriptions présentement favorables au PQ.
En gros, il ne suffirait que d’un léger mouvement des intentions de vote entre la CAQ et le PQ pour que la CAQ remonte près d’une fourchette de 10-20 sièges et le PQ tombe en territoire minoritaire.
Évidemment, il ne s’agit que d’une photo du moment. De nombreuses données seront publiées au cours des prochaines semaines et ces projections risquent encore d’évoluer d’ici le scrutin du 5 octobre.
Tous les détails de cette mise à jour sont disponibles sur la page principale de Qc125 ici.
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